01/05/2004

Illusion réfléchie


 
Dans son miroir, l'alouette se rêve-t-elle colombe ?


20:28 Écrit par Amorphe | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

Commentaires

. J'apprenais par coeur ces lettres qu'elle m'écrivait du ciel et des escales, "bouts d'éternités", comme elle les appelait, tant elle les trouvais banales. Chaînons immémoriaux, mots survivants, banalités, oui, tu avais raison, banalités élémentaires, comme ces signes de vie que nous allons chercher avec une telle ferveur ailleurs dans le système solaire, a b c toujours menacé d'oubli par les naufragés du sens, vous qui cherchez la profondeur et ne trouvez que les abîmes. J'écoutais la nuit à mon poste de pilotage le murmure fidèle du récitant dans ma poitrine, mais ceux qui ont perdu la mémoire ne sont même plus capables d'entendre notre vieux souffleur. Hommes de haut souci, qui vous demandez pourquoi vous êtes là, ce que tout cela signifie, pourquoi le monde - et que de noms illustres pour crier ainsi à leur perte de connaissance ! - ce ne sont point là, comme vous nous faites croire, interpellations de l'univers, ce sont seulement des questions sans lèvres. Il y avait certes des limites physiques, il fallait séparer nos souffles, s'écarter, s'espacer, se lever, se dédoubler, et c'est toujours autant de perdu. Quand on a deux corps, il vient des moments où l'on est à moitié.
- Est-ce que je suis envahissante ?
- Terriblement, lorsque tu n'es pas là.
je me levais et quittai le miroir"


Romain Gary - Clair de femme

Écrit par : Badwoman | 03/05/2004

Rien à redire... Même si Emile a tristement fini...
Ma boite mail : cieducaniveau@teledisnet.be (apparemment, le lien que j'ai placé sur l'image n'est pas correct :^(...

Écrit par : Amorphe | 03/05/2004

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